Distinguer la publicité sociale de l’information sanitaire

Un des défis des spécialistes d’une question de santé publique consiste à réaliser que les mécaniques de production et d’acquisition de savoirs qu’ils utilisent ne peuvent pas - et ne doivent souvent pas - être utilisées dans une communication publicitaire. Le défi peut être considérable.


La publicité est un type de communication qui diffère de la publication scientifique. L’auditoire exposé à une campagne n’est pas le public qui assiste aux conférences ou aux colloques. Les arguments qui font sens pour un expert peuvent sembler ridicules au commun des mortels. Et, pire, la crédibilité des experts peut être niée par un public dont le jugement ne repose pas sur les mêmes critères.


Pour l’expert, les faits sont essentiels et - généralement - suffisants pour modifier un jugement ou une décision. La précision du terme, la rigueur du concept, justifient souvent des nuances terminologiques et un vocabulaire spécialisé. La preuve scientifique est un argument implacable. Mais en publicité, l’émotion est souvent le moteur de changement au sein des publics.


La question est abordée dans l’entrevue suivante, produite pour des spécialistes québécois de la santé publique. J’y ai été interrogé par Irène Langis, responsable à l’époque du Bureau de soutien à la communication en santé publique (organisme aujourd’hui disparu).



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